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la chronique de l'an 1010

célébrer l'An 1000

Publié le par Marie Castillo

La commémoration de l'An Mille est paradoxale. D'abord parce que cette date fait écho, dans la mémoire collective, aux prétendues "terreurs de l'An Mil". Or, les historiens ont aujourd'hui prouvé que ces terreurs sont une invention des romantiques. La commémoration de l'An Mille serait donc celle d'une erreur et d'un événement inexistant.

Ce n'est pas tout. En 1000, le calendrier qui définit les années en Chrétienté est récent. Mis au point vers 530 par le moine Denis le Petit (qui se trompa en calculant la date de la naissance du Christ, qu'il fixa au 25 décembre de l'An I), il ne fut adopté par l'Église romaine que très lentement, à la fin du VIIIe siècle en Gaule et par la papauté seulement au Xe siècle. En l'an 1000, seule une minorité de clercs avait connaissance et conscience de cette date. Les rares passages de l'Histoire de France du principal témoin, le moine clunisien Raoul le Glabre, qui relatent l'atmosphère de l'époque, ont été déformés par les romantiques pour y trouver les prétendues terreurs de l'An Mille, des terreurs, en fait, plus nettes en 1030-1033, millénaire de la mort du Christ et années marquées par le mal des ardents et une grande famine. Ce qui est le plus avéré, selon ce chroniqueur, c'est au contraire l'essor économique et spirituel de la Chrétienté (construction d'un "blanc manteau d'églises"), signe de confiance et de dynamisme.

On doit par ailleurs reconnaître que pour l'histoire, plutôt qu'une date, " l'An Mil" désigne une période autour de l'an 1000. Georges Duby, dans son bel essai 1 a placé sous cette date symbolique les années 980 à 1040 environ. Il a montré que d'après les sources, y compris archéologiques, c'est une époque où se mêlent épreuves et inquiétudes - notamment la peur de l'imminence du jugement dernier, toujours présente, quelle que soit la date, dans le christianisme antique et médiéval -, mais aussi élans, essors, espoirs très fervents et très décidés.

 

La commémoration de l'An Mille, cas limite de l'hystérie commémorative actuelle, peut être l'occasion de combattre le fétichisme de la date par la considération des périodes, découpages respectueux de la durée, opérés par les historiens dans l'évolution historique. La mémoire, corrigée par l'étude historique de façon aussi objective que possible, est en effet une nécessité et un devoir individuel et collectif mais ne doit pas accabler ni figer dans le retour au passé le sentiment du présent et de l'avenir.

La commémoration de l'An Mille aujourd'hui est aussi une des composantes de l'effervescence suscitée par l'approche de l'An 2000. S'il est légitime de profiter de cette date remarquable pour faire le point sur l'évolution historique et - en faisant la part grande au hasard, au non déterminisme hishistorique et à l'impuissance des hommes à prévoir l'avenir - envisager les perspectives du XXIe siècle, il ne faut pas céder aux manipulations et aux élucubrations apocalyptiques de certains médias en mal de sensationnel et de certaines sectes, un des principaux maux et périls de notre temps. Cette considération de l'An 2000 doit, en même temps que renoncer à la fausse vision des prétendues "terreurs de l'An Mil", tenir compte de tout ce que les calendriers - comme l'a bien dit Stephen Jay Gould - ont d'artificiel. La notion de siècle a été inventée à la fin du XVIe et ne s'est répandue qu'au XIXe ; le fascinant "zéro" n'a été introduit en Occident qu'au XIIIe et le terme millénarisme - provenant de la notion apocalyptique de Millenium désignant une très longue période de temps et non une période arithmétique de 1000 ans - n'est apparu qu'en 1840.

La commémoration de l'An Mille devrait donc être d'abord l'occasion d'une réflexion sur les aléas du calendrier, et la référence à la période de l'An Mille, dans la perspective du XXIe siècle, devrait surtout susciter l'espoir que le siècle à venir soit, comme l'a été le XIe, selon la formule de Georges Duby, "un nouveau printemps du monde".

Jacques Le Goff
directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales

 

 

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le Saint-Sépulcre en 1010

Publié le par Marie Castillo


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"Tout au long du premier millénaire, malgré l'insécurité des routes et des voies maritimes, les chrétiens d'Occident viennent en foule vénérer le Tombeau du Christ. Le passage de Jérusalem sous souveraineté musulmane, au VIIème siècle, n'affecte pas cette pratique. Mais lorsque, en 1010, le calife Hakim entreprend de détruire le Saint-Sépulcre et empêche les pèlerinages, le modus vivendi est rompu. Dès lors, l'idéal de la chevalerie trouve dans la croisade son point d'application le plus élevé : le sacrifice pour une donnée de la foi, en l'occurrence la fidélité au Tombeau sacré.

 

                L'Ordre des Chevaliers du Saint-Sépulcre, dont la fondation a longtemps été attribuée traditionnellement à Godefroy de Bouillon, après la prise de Jérusalem par les croisés en 1099, tire plus probablement ses racines du corps de chevaliers recrutés localement au XIIème siècle pour la défense du royaume latin de Jérusalem et dont les adoubements paraissent avoir été célébrés dans l'église du Saint-Sépulcre. Il puise aussi ses valeurs fondamentales dans le souvenir des chevaliers croisés ou locaux affiliés à cette même époque à la confraternité laïque constituée auprès des chanoines réguliers du Saint-Sépulcre."





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entre le cru et le cuit, il y a le bleu : cuisiner en 1010

Publié le par Marie Castillo


Dans un petit article doctissime sur wiki, je trouve quelques indications sur les modes de cuisson au Moyen-Age. . Deux façons de cuisiner ressortent : la façon d'en haut, la façon d'en bas : la broche et la sauce pour les nobles, le ragoût et les pâtés pour le peuple.

"Les gibiers étaient préalablement bouillis pour être plus tendres, puis rôtis à la broche ou étaient découpés en morceaux et cuits dans une sauce au vin épaissie de pain ou de purée de féculent, appelé civet ou hochepot. On mélangeait aussi les abats de plusieurs sortes de viande, coupés en morceaux et mis en sauce, ou broyés puis mélangé avec des bonnes herbes (herbes aromatiques) pour faire la farce des pâtés ou des tourtes. Les poissons étaient soit cuits au court-bouillon et aromatisés, soit frits. Ils étaient accompagnés d’une sauce au vin ou présentés en gelée, ou bien mêlés et broyés en pâtés comme les escherois, ou en tourte."

J'aime bien wiki, ça tourne dans tous les sens, et on trouve vraiment tout ce qu'on cherche. C'est dommage que l'on ne soit jamais sûr de rien...

L'article de Wiki ne dit pas ce qui prédomine, entre le cru et le cuit et pour qui, et à quel moment, et pour quel prix. C'est pourtant une question importante et o combien structurante. Je ne sais pas vraiment si le cuit purifie en tout cas cest meilleur au gout. Ce que je sais, c'est que je ne suis pas toujours sûre de ce que je mange.

Je crois que la nourriture était relativement plus chère qu'aujourd'hui. On pense généralement qu'il y avait moins de choix aussi. C'est après que se fait  l'introduction de tant de fruits et de légumes venus d'Amérique et d'Asie et grâce au développement des échanges et à la révolution des transports. Mais j'aimerais bien savoir s'il existait à cette époque des fruits et légumes dont l'usage s'est perdu et le nom a été oublié.

Vu mon affection pour l'entre-deux, j'aime bien le bleu, mais là il n'en est nullement question.

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Berthe de Bourgogne morte en 1010

Publié le par Marie Castillo

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l'ex-communication de Robert le Pieu

Née vers 964, Berthe de Bourgogne meurt en 1010. Il y a mille ans. Fille de Conrad, comte de Bourgogne,  


Elle épouse en premières noces le comte Eudes Ier de Blois et de Chartres, une fois devenu veuve Robert II qui en est amoureux depuis des années veut l'épouser, mais Hugues Capet s'y oppose, en effet Berthe est la cousine de robert et le roi et l'église interdise une consanguinité si proche.

À la mort de Hugues Capet, en 997, Robert répudie sa première épouse Rosala, et épouse Berthe de Bourgogne.  Pour rendre régulier un mariage que prohibaient les canons, on convoqua un synode qui fournit une dispense, et Archambaud de Sully, archevêque de Tours, les maria. Mais à peine les époux avaient-ils goûté le bonheur d'être ensemble que le pape Grégoire V appelé au trône quelque temps plus tôt réunit en 996 un synode à Pavie, où il fut décrété : « Le roi Robert, qui, malgré l'interdiction apostolique, a épousé sa parente, doit se rendre auprès de Nous pour Nous donner satisfaction, de même que les évêques qui ont autorisé ces noces incestueuses ; s'ils refusent de venir, qu'ils soient privés de la communion ». Le roi essaya inutilement de négocier, envoyant à Rome un ambassadeur réputé pour son habileté : « Nous avons certaines affaires en litiges avec le Saint-Siège, dit-il ; assurez Grégoire V que je lui donnerai satisfaction sur tous les points s'il me laisse ma femme ». Le pape refusa le compromis et ordonna, une fois encore, à Robert de quitter Berthe.

L'ambassadeur revint à la cour de France, où le roi accueillit son message avec une grande colère : « Jamais je ne me séparerai de ma femme, dit-il. Elle m'est plus chère que tout au monde ! Je veux que l'univers entier le sache ! » Quelques mois passèrent, et le pape, en voyant l'obstination de Robert, convoqua à Rome en 998 un concile général qui rendit les graves sentences suivantes. Canon I : « Le roi Robert quittera Berthe, sa parente, qu'il a épousée contre les lois. Il fera une pénitence de sept années, selon la discipline de l'Église. . Canon II : « Archambaud, archevêque de Tours, qui a consacré cette union, et tous les évêques qui ont assisté à ce mariage incestueux sont suspendus de la sainte communion jusqu'à ce qu'il soient venus à Rome pour y donner satisfaction ».


S'il refuse, qu'il soit anathème. La même sentence est rendue contre Berthe »


L
'arrêt du concile l'avait frappé d'excommunication, lui et sa femme, les rejetant ainsi de l'Église s'ils refusaient de se soumettre ; l'anathème, qui était la plus forte peine que le pape pût prononcer, condamnait vivant à la damnation éternelle. Profondément pieux, Robert pourtant ne céda point et garda son épouse qu'il préférait au salut de son âme. En voyant qu'il persistait, le pape fit plus : il lança un interdit sur toutes les terres du domaine du roi et mit sa menace à exécution, condamnant le souverain à sept ans de pénitence. Après la cérémonie d'excommunication, Robert et Berthe, glacés d'épouvante, s'enfermèrent dans leur palais.


C
'était la première fois qu'un tel arrêt frappait des populations entières : plus de chants sacrés, plus d'offices saints, plus de sacrements. On administrait seulement la pénitence aux malades et le baptême aux enfants en danger de mort ; on ne célébrait plus les saints mystères, les églises étaient fermées, les images des saints voilées ; la cloche n'annonçait plus l'approche d'une fête, le mariage d'un ami, ni l'agonie d'un frère ; une consternation muette frappa tous les cœurs ; on supplia le roi de céder. Robert, en proie à une douleur amère, regardait tantôt son épouse aimée, tantôt son peuple en souffrance ; il voyait les seigneurs et les habitants de la cité fuir sa présence naguère tant chérie ; son palais était devenu désert. Ce jardin, si souvent rempli de la foule des pauvres que la libéralité du bon roi entretenait, était silencieux ; les pauvres mêmes redoutaient de goûter aux restes d'un excommunié ; ces restes étaient jetés comme souillés, et les vases qui les avaient contenus devaient être purifiés par le feu ; de toute la maison du roi, il n'était resté que deux serviteurs qui préparaient ces tristes aliments ; Berthe et Robert mangeaient le pain de la douleur dans l'amertume et dans les larmes.


C
ependant Berthe allait devenir mère, le roi se flattait que la naissance d'un héritier de son sceptre désarmerait la sévérité du pontife et ferait ratifier son union ; mais l'inquiétude et le chagrin avaient tari, dans le sein de la mère, les sources de la vie de l'enfant ; Berthe mit au monde un enfant mort, et le bruit, dont Abbon se fait l'écho dans ses chroniques, se répandit parmi la multitude crédule que la reine était accouchée d'un monstre qui avait les pattes et le cou d'une oie. Les naissances adultérines ou consanguines sont très mal vues au Moyen-Age.

P
lus de bornes alors au désespoir des Parisiens, la clameur publique s'élève contre le couple royal ; la douleur des fidèles ne pouvait plus croître ; Robert céda enfin, laissant partir en 1001 la reine qui commençait à dépérir. Le jour des adieux, dès que Berthe eût franchi le seuil du palais et qu'elle fût hors de l'enceinte des murs de la cité, un cri de joie signala son départ ; les cloches en branle se firent entendre, la foule remplit les églises et de là se porta sous les fenêtres du roi pour le remercier.


S
i quelque chose put le consoler de son sacrifice, ce fut le bonheur qu'il vit renaître autour de lui ; mais s'il répudia Berthe, fournissant pour prétexte qu'elle ne lui avait pas donné d'enfant, il ne souffrit pas que l'honneur de celle qu'il avait appelée son épouse pût être terni ; il voulut qu'elle conservât le titre de reine et qu'elle fût entourée des mêmes respects que si elle était restée sur le trône. Berthe continua ainsi à voir son ancien époux, partageant secrètement sa couche chaque nuit. En 1008, après l'assassinat du favori du roi, elle effectua même avec Robert II un voyage à Rome où ils tentèrent d'obtenir du pape Sylvestre II l'annulation du mariage du roi avec Constance d'Arles qu'il avait épousée en 1003. Mais le souverain pontife refusa. Berthe mourut en 1031, peut-être au château de Melun. Robert, inconsolable, ne lui survécut que quelques mois.




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Abbaye de Solesmes 1010-2010

Publié le par Marie Castillo

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L'abbaye Saint-Pierre de Solesmes est une abbaye bénédictine située à Solesmes dans la Sarthe, dont les origines remontent à 1010. Elle fait partie de la congrégation de Solesmes, ou congrégation de France, au sein de la confédération bénédictine. Cependant, jusqu'en 1837, l'abbaye Saint-Pierre n'est qu'un prieuré dépendant de l'abbaye de la Couture au Mans.

L'abbaye fête ses 1000 ans cette année. Bâtisse interessante...pour ce qui est du fond de la doctrine...à ce stade, je ne m'interesse qu'à la doxa et à l'histoire...

Bon anniversaire, alors...

Je trouverai peut-être sur internet d'autres monuments qui célèbreront leur millénaire cette année. Ce sera pas mal d'en faire la revue.

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