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Articles avec #la chronique de l'an 1010 tag

Louis IX, le roi saint

Publié le par Marie Castillo

(1226-1270)
(1226-1270)

L'exposition Saint-Louis à la Conciergerie a clôturé l'année de la commémoration du huit centième anniversaire de sa naissance, après Aigues-Mortes, Castelnau-Bretenoux, Angers et Vincennes.

Reliques, vitraux, statues rappellent que Louis IX le "Roi très Chrétien" est à l'origine de la Sainte-Chapelle, monument phare de son règne.

Louis IX, le roi saintLouis IX, le roi saint
Louis IX, le roi saint
Louis IX, le roi saint
Louis IX, le roi saint
Louis IX, le roi saint
Louis IX, le roi saint
Louis IX, le roi saint
Louis IX, le roi saint

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L'oeuf cosmique

Publié le par Marie Castillo

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Liber Scivias de Hildegarde de Bingen

 

vers 1165

 

de l'exterieur vers l'intérieur :

 

1/ feu lumineux. Au sommet brille le soleil

2/ feu ténébreux en noir

3/ pur ether en bleu. En haut s'alignent deux planètes et la lune.

4/ plus au centre, la zone d'eau

5/ au centre, une peau blanche entourant la terre et son humanité

 

 

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l'homme microcosme

Publié le par Marie Castillo

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Le Livre des oeuvres divines, Hildegarde de Bingen

Lucques, Bibliotheca Statale, Codex Latinum, 1942, Fo 9.

 

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Raoul Glaber, historien de l'An Mil

Publié le par Marie Castillo

Le moine bourguignon Raoul Glaber (985-1047) (dit le Chauve) est connu pour ses histoires qui relatent les événements survenus de son temps en Occident, de 940 à 1044. Il fut très attaché à la reforme monastique clunisienne.

Témoin entre autres de l’éclosion et de la diffusion de l’art roman, comme véritable style…

« Comme approchait la troisième année qui suivit l’An Mil, on vit presque toute la terre, mais surtout en Italie et en Gaule, rénover les basiliques des églises ; bien que la plupart, fort bien construites, n’en eussent nul besoin, une émulation poussait chaque communauté chrétienne à en avoir une plus somptueuse que celles des autres. C’était comme si le monde lui-même se fût secoué et, dépouillant sa vétusté, eût revêtu de toutes parts une blanche robe d’église. » (Raoul Glaber, Histoire, traductionde Georges Duby).

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Abbaye de Cluny (2010)

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back to Cluny : Odilon de Mercoeur

Publié le par Marie Castillo

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 Odilon de Mercoeur, église saint-Pierre, Souvigny

 

L’abbaye de Cluny est  à son apogée religieuse et politique au Xème siècle sous la conduite d’abbés brillants, dont Odilon de Mercoeur.

Abbé de Cluny entre 994 et 1049, 5ème abbé après Mayeul, il est considéré comme le maitre d’œuvre de l’ordo cluniacensis. Il instaure des liens juridiques entre Cluny et les monastères réformés et créés, jetant les bases d’une congregation monastique liée à la maison-mère. Né vers 961-962 Issu d’une famille comtale d’origine auvergnate, il est entré à l’abbaye vers 990 comme moine où il se voit chargé de l’éducation de jeunes enfants confiés au monastère, les oblats.

De 1015 à 1020, il se consacre à la poursuite de l’oeuvre de Mayeul, fondant de nouveaux monastères avec l’appui des autorités. Ses relations avec les empereurs Otton III puis Henri II sont excellentes. Elles lui permettent notamment d’obtenir un privilège permettant à Cluny d’échapper en partie au contrôle episcopal et ouvrant la voie vers l’autonomie. Ce privilège est confirmé en 1024 par Jean  XIX qui permet la constitution d’une Ecclesia cluniacensis.

Avec l’appui du pape, Odilon étend l’ordre clunisien au-delà des Pyrénées et du Rhin.

A partir de 1015-1020, il repense le développement de Cluny et la place qui devait revenir aux moines dans une période d’effritement des pouvoirs publics et de montée des violences en particulier au sud de la Loire. Les monastères mettent en place des armées et instituent également les assemblées de paix et la trêve de paix du mercredi soir à l’aube du lundi suivant, accusé par l’episcopat d’affaiblir l’autorité royale. Après le concile d’Arles qui formalise cette pratique en 1041, Odilon enjoint les prélats italiens à faire de même.

Ce tournant dans la mission réformatrice de Cluny qui s’adresse aussi aux laïcs marque aussi son éloignement des puissances publiques, à l’exception de la papauté. Enfin Odilon est également le promoteur de la fête des défunts.

Odilon meurt dans la nuit du 31 décembre 1048 au 1er janvier 1049 à l’âge de 86 ans. Il est canonisé en 1055.

source : l'abbaye de Cluny : centre de l'Occident médiéval, Dominique Vingtain, CNRS, 2009

Préface de « Odilon de Mercoeur, l’Auvergne et Cluny » par Marcel Pacaut : link

Guerre ou paix dans le midi de l’Auvergne au temps de Odilon de Mercoeur, C. Lacrasson, actes du colloque de Lavoute-Chilhac, 2001

Histoire du prieuré Sainte-Croix de Lavoûte Chilhac, J Vigier, actes du colloque de Lavoute-Chilhac, 2001 : link

 

 

 

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jardin médiéval

Publié le par Marie Castillo

Ceint de murailles et de tourelles, le jardin médiéval renvoie à la symbolique du jardin d’Eden, lieu de loisir et d’agrément, paradis terrestre symbolisé par la présence d’arbres.

Pénétrant dans le jardin, le premier auteur du roman de la Rose :

« Lors entré, sans plus dire mot

Par l’uis que Oisseuse overt mot

Ou vergier et quant je fui ens

Si fui lié, et baus et joiens ;

Et sachiés que je cuidai estre

Por voir en paradis terrestre

Tant estois li leu délitables » (Ed Poirion v 631-637)

 

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Le Roman de la Rose (1237-1280),

Lui, au centre du jardin devant la fontaine aux Roses

 

 

Par son caractère intime, le jardin est le refuge de l’amour courtois où l’amant dans un acte spontané de soumission, offre son cœur à sa dame. Il peut aussi avoir un caractère allégorique, jardins d’orgueil dénotant la puissance territoriale d’un seigneur.

 

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L'offrande du coeur

musée de Cluny

 

 

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la théséide de Vienne, Boccace, bibliothèque nationale de Vienne

folio 53 r :  Emilie dans le jardin observée par Arcitas et Palamon

 

Mais il prend plus fréquemment la forme d’un potager ou d’un verger, avec arbres, taillis et fontaines – remplissant en ce sens une fonction utilitaire.

Que ce soit dans sa variante seigneuriale ou monastique, le jardin est un lieu où l’on cultive des plantes qui sont répertoriées : dans l’article 70 du capitulaire de Villis, Charlemagne indique quelles sont les 89 herbes et plantes qui doivent être cultivées dans ses domaines. De sont côté, le plan de l’abbaye de Saint-Gall indique que le jardin des plantes médicinales était composé de 16 plantes tandis que je jardin potager en comprenait 18.

Ressuciter les herbiers du passé

Depuis les années 1980, de nombreux jardins médiévaux ont été créés en France comme le jardin du musée de Cluny ou celui du musée de Salagon en haute-provence qui regroupe 300 espèces de plantes dont celles recensées dans le capitulaire de Villis. Le jardin se distribue en trois espaces : le potager, les carrés médicinaux et le jardin floral. On observe également quelques parterres thématiques suivant les pharmacopées du Moyen-Âge : le parterre 11 rassemble les « herbes des fièvres ». le parterre 13, « les plantes des femmes », le parterre 15, « les vulnéraires ».

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musée de Salagon

 

 

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parvis de la cathédrale de Chartres

 

 

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parvis de la cathédrale de Chartres

 

 

 

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parvis de la cathédrale de Chartres

 

 

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parvis de la cathédrale de Chartres

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l'or de l'Enfer à Torcello (Louvre 2010)

Publié le par Marie Castillo

L’or de l’enfer à Torcello et les jugements derniers médievaux entre Orient et Occident

Manuela de Giorgi, Kunsthistorisches Institut, Florence

Le thème iconographique du jugement dernier a occupé dans la seconde moitié du Moyen-Age un rôle de premier plan. Apparu au XIème siècle, ce n’est qu’au XIIIème siècle qu’il est au sommet de sa diffusion. Le tympan de l’abbaye de Sainte-Foy de Conques (1140) est un exemple exhaustif et complexe confirmant la maturité de l’iconographie chrétienne que l’on retrouve également  à Alès et à Macon. Le XIIIème siècle est illustré par une autre anticipation, orientale cette fois : la basilique sainte Marie Assonte sur l’île de Cappadoce.

Manuela de Giorgi se livre à une analyse diachronique reposant sur la comparaison du jugement dernier de Torcello avec d’autres cas orientaux afin d’établir une ligne d’évolution.

L’île de Torcello est le refuge des évêques face aux Lombards. Dès 639, c’est un espace sacré avec la création de l’ensemble épiscopal Santa Maria Genitrix qui veille sur un riche répertoire d’images, véritable enchantement lyrique. Ce répertoire est l’un des plus étudiés dans l’histoire de l’art. Edifiée en 1008, la basilique de Torcello garde et veille sur la mémoire de son histoire.

La basilique comporte trois nefs. L’espace est scandé par une enfilade de colonnes en marbre grec. Les travaux de la structure sont achevés au XIème siècle. Le XIIème est marqué par la décoration des mosaïques. Dans le cylindre à revêtement de marbre, on observe une assemblée d’évêques. Une absidiole sur la droite contient une représentation du Christ Pantocrator.

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Le mur ouest représente le Jugement dernier. La campagne de décoration a été menée en deux phases : 2ème moitié du XIème siècle puis XIIème siècle. Depuis, l’agencement figuratif n’a pas été modifié. On note le mélange d’influences byzantines et d’apports locaux occidentaux. Les mosaïques de Torcello jouent un rôle essentiel dans l’histoire de l’évolution de l’iconographie du Jugement dernier. Le schéma général calque le schéma byzantin classique, constituant une version proche d’un prototype rappelant d’autres représentations du Jugement dernier : le Tétraévangile de Stoudios (fol. 51 et 93) ; les icônes de la collection Sinaï du monastère de Sainte-Catherine, l’ivoire italo-byzantine du Victoria and Albert Museum, la chapelle Sant Angelo in Formis à Capoue.

La structure du Jugement dernier repose sur cinq registres qui se superposent et un sixième au sommet :

La crucifixion

L’anestesis ou ressurection

La deesis ou le christ en gloire avec les apôtres et la hiérarchie des anges

L’etimesis

La psychostasie ou la pesée des âmes

La vierge orante

On compte également trois registres inférieurs : l’enfer à droite et les élus à gauche.

Cette représentation du Jugement dernier peut être comparée à d’autres œuvres du XIème siècle : le tetraévangile de Stoudios, l’icône du Sinaï, l’ivoire de Londres (XIIème). Le dénominateur commun repose sur la structure avec un maximum de 5 registres superposés (cf icône de Sinaï). Le schéma courant compte 4 registres (cf Tétraévangile de Stoudios). Cet ensemble est marqué par des subdivisions avec des lignes de démarcation (la composition chromatique est évidente).

En haut, le Christ en mandorle en forme d’amande trône entre sa mère et saint Jean–Baptiste, ouvrant le passage vers un groupe d’anges.

En dessous, l’etimesis avec un gardien celeste posté au pied du siège vide qui porte la croix.

Encore en dessous, la pesée des âmes comme un partage des eaux visuel et conceptuel entre les élus et les damnés. A rapprocher de l’ivoire de Londres dans lequel l’espace disponible est réduit d’où un arrangement sur trois registres avec un équilibre interne dans la composition. L’etimesis apparaît comme une métonymie évoquant la passion du christ avec insistance sur les instruments de la Passion. L’association entre le Christ qui juge et le Christ qui pèse est occidentale.

Dans la mosaïque de Torcello, la représentation du Christ montre avec réalisme les stigmates de la crucifixion. Ceci est à rapprocher des plaies sur les mains de Christ montrées avec insistance dans le manuscrit des Sacra Parallela de Jean Damascène (fol. 68v) dans un environnement grec et byzantin dans son essence.

Dans l’axe central, le Christ est représenté à plusieurs reprises triomphant et juge.

La structure de Torcello avec mise en page en registres parallèles se retrouve dans le Narthex de la Panagia Chalkeon à Thessalonique. Le Jugement dernier occupe quatre bandes superposées sous le Narthex sous l’entrée. La composition se focalise sur le groupe constitué du Christ avec deux archanges, la vierge et une hiérarchie d’anges. Cette structure est également à comparer avec la chapelle de Saint-Jean de Ayvali Kilise représentant le tribunal des apôtres et le Jugement dernier ainsi qu’une seconde Parousie (Christ en gloire indiquant un texte de la main droite : Apocalypse I, 7) et avec l’église Saint-Jean de Munstair.

La fresque de Ayvali Kilise repose sur une composition classique avec quatre registres : au niveau inférieur, le velarium élégant qui tombe comme un rideau et s’ouvre sur la scène du Jugement dernier qui occupe les trois niveaux supérieurs. Le Christ en gloire est entouré de deux anges. On compte aussi 24 vieillards de l’apocalypse (influence égyptienne copte), puis le paradis (paroi sud) et l’enfer (paroi ouest).

Le paradis représente trois patriarches : Isaac, Abraham et Jacob. En leur sein, se trouvent les élus (paroi sud). Saint-Michel pèse les âmes. C’est la Psychostasie (paroi ouest).

A Torcello, la représentation du paradis est simplifiée comme dans le Tétraévangile de Stoudios et l’icône du Sinaï. Marie se tient debout dans un jardin représenté par des arbres et des fleurs. Abraham est entouré d’âmes d’enfants. Dans la tradition de l’exégèse, il n’y a pas de correspondance entre le paradis et le royaume des cieux, mais cela ne pose pas de problème dans l’œuvre picturale. La confusion entre les deux thèmes existe toutefois entre le IVème et le Xème siècle où un traité sur le paradis clarifie la tradition.

La représentation du Paradis inclut une porte fermée protégée par un chérubin qui porte une épée de feu. (apocalypse 21, 25, 27). Elle est entourée de marbre. Le cherubin porte des ailes incrustées de mille yeux.

L’enfer est le lieu de scrupules, de chimères falsifiées. Le dernier registre est celui de l’enfer véritable avec un étang de flammes incandescentes. Satan est assis sur un serpent à deux têtes. Ceci est à rapprocher du baptistère de Saint-Jean à Florence et au Giotto de Padoue. Sur ses genoux, est assis l’Antechrist ou Judas. On retrouve ce thème dans l’exégèse chrétienne occidentale et orientale. L’hortus deliciarium (1167-1185) de Herrada de Hohenburg reconstitué au XIXème siècle par Englehardt après sa destruction par le bombardement de Strasbourg, représente un diable accompagné de l’Antechrist. Mais dans les sciences littéraires orientales, on ne parle pas de l’Antechrist dans le Jugement dernier, mais de Judas. A Torcello, Satan se superpose à Hadès. A rapprocher des mosaïques de San Marc à Venise. On observe un étang de souffre peuplé de pêcheurs, sur le registre inférieur, on compte six zones de l’Enfer correspondant à six catégories de pêcheurs (voir l’œuvre de Dante). Cette évocation des cavernes de l’Enfer fait écho au Tétraévangile de Stoudios (fo. 51 et 93), à l’icône du Sinaï et à l’ivoire de Londres. A Torcello, la position des pêcheurs leur permet d’apercevoir à gauche Lazare (voir Luc, l’homme riche et le mendiant).

A partir du XIIIème siècle, le sens du Jugement dernier est élargi en lien avec la tradition renouvelée de l’exégèse. Dans ce sens, on peut analyser le grand Jugement dernier du monastère de la sainte Trinité à Sopocani (Serbie). Sur le mur nord du Narthex, le schéma traditionnel s’enrichit d’un registre supplémentaire : les sept pêchés capitaux ; hommes et femmes sont rongés par des serpents. La métonymie chromatique fait signe des couleurs de l’enfer. Ce thème contraste avec le caractère monumental de l’archange également représenté. Le serpent est inspiré par la littérature apocryphe grecque et l’apocalypse (prostituées attaquées par des serpents). Le désordre religieux reflète le désordre social : les pêchés capitaux sont accompagnés d’inscriptions explicatives.

Dans le monastère de la sainte Vierge à Gracanica (Serbie), le narthex du Jugement dernier est une fresque majestueuse représentant le paradis, un étang de feu et les pêchés avec des textes en paléo-slave. A Kythiros, le Jugement dernier de l’église Sainte Paraskevi présente un détail de la torture des damnés : pêchés, peines et pêcheurs partagent un même espace figuratif avec des épigraphes en grec : injustice, luxure, désordre social, libéralités des mœurs. Le spectacle de la faute est apaisé et équilibré. La palette chromatique fait référence au classicisme.

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corps et cosmos : aujourd'hui comme hier

Publié le par Marie Castillo

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Les très riches heures du duc de Berry

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Henri 1er

Publié le par Marie Castillo

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Henri Ier, né en 1008 et mort en 1060 à Vitry-aux-Loges, est le troisième roi de France de la dynastie des capétiens. Il régna de 1031 à 1060. C'est le second fils deRobert II le Pieux Robert II, roi de France de 996 à 1031, et de Constance d'Arles, fille de Guillaume Ier de Provence, comte d'Arles, et d'Adélaïde d'Anjou. Il est donc le petit-fils d'Hugues Capet. Vers 1017, le futur Henri Ier devient duc de Bourgogne et, à la mort de son frère aîné en 1025, Robert II l'associe au pouvoir (comme l'avait fait Hugues Capet pour Robert II en 987 ; c'est cette volonté qui amènera la mise en place du caractère héréditaire de la monarchie). Pourtant, la mère d'Henri Ier, Constance d'Arles, tente de privilégier l'accession au trône de Robert, fils cadet (né trois ans après Henri Ier). A la mort de son père en 1031, Henri Ier doit donc faire face au soulèvement, mené par sa mère et son frère, auquel participent les grands seigneurs du royaume comme, par exemple, Eudes II de Blois. Cependant, il reçoit le soutien de Robert le Magnifique, duc de Normandie de 1027 à sa mort en 1035 et père de Guillaume le Conquérant, en échange du Vexin et de Conrad II le Salique, empereur romain germanique. En 1032, l'année qui voit disparaître Constance d'Arles, Henri Ier cède à son frère cadet, Robert, le duché de Bourgogne pour mettre fin à la querelle familiale.
A la mort de Robert le Magnifique, en 1035, Henri Ier décide de soutenir le jeune duc de Normandie et futur roi d'Angleterre, Guillaume le Conquérant. En 1047, ce dernier est victime d'une rébellion et remporte, avec l'aide du roi de France, la bataille du Val des Dunes. Par la suite, à cause de la montée en puissance de Guillaume le Conquérant, Henri Ier se retourne contre lui et tente de le soumettre. Mais Henri Ier est battu lors de la bataille de Mortemer en 1054 et à Varaille en 1058. En 1059, Henri Ier associe son fils, le futur Philippe 1er. Il meurt en 1060 à Vitry-aux-Loges, laissant à son fils une autorité royale affaiblie et un domaine amoindrit.

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en 2010, l'abbaye de Cluny fête ses 1100 ans

Publié le par Marie Castillo

CHARTE DE LA FONDATION DE CLUNY, 909 ou 910

 


"Il est clair aux esprits clairvoyants que la providence Divine a si bien pourvu certains hommes riches que, par le moyen de leurs biens temporaires, s'ils les emploient bien, ils peuvent faire en sorte de mériter la récompense éternelle. En vérité, en ce qui concerne cette chose, la parole divine montrant la chose possible et la conseillant au même moment : "la richesse d'un homme est le rachat de son âme" (Prov. XIII). Nous, Guillaume, Comte et duc par la grâce de Dieu, soupesant consciencieusement cela et désirant pourvoir à mon propre salut tandis que je le peux encore, avons considéré qu'il est recommandable, qui plus est au plus haut point nécessaire, que des biens temporels qui m'ont été conférés, je me dois d'en céder une petite partie pour le gain de mon âme. Je fais cela, en vérité, afin qu'ayant ainsi augmenté mes richesses, je ne puisse pas, par accident, être finalement accusé d'avoir tout dépensé pour le soin de ma personne, mais plutôt pour pouvoir me réjouir, quand le destin finalement m'arrachera toutes choses, d'avoir réservé quelque chose pour moi-même. Cette finalité, en effet, ne semble pas accessible d'une autre manière plus appropriée que celle qui vient d'être dite, selon l'enseignement du Christ : "je me ferai pauvre pour mes amis" (Luc XVI, 9), et en faisant un acte non pas provisoire mais durable, je m'oblige à prendre à ma charge une communauté de moines. Et c'est ma foi, c'est mon espoir que, malgré mon incapacité à mépriser toutes choses, tout en recevant le mépris de ce monde, ce que j'estime être juste, je puisse recevoir la récompense du juste. Ainsi, qu'il soit connu de tous ceux qui vivent dans l'unité de la foi et qui attendent la miséricorde du Christ, et à ceux qui leur succéderont et qui continueront d'exister jusqu'à la fin du monde, que, pour l'amour de Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ, je remets de ma propre autorité aux saints apôtres Pierre et Paul les biens dont je dispose, à savoir la ville de Cluny, avec son courtil, sa manse dominicale et son église en l'honneur de sainte Marie mère de Dieu et de saint Pierre, le prince des apôtres, tout ceci avec ce qui s'y rapporte, les villae, bien sûr, les chapelles, les serfs des deux sexes, les vignes, les champs, les prés, les bois, les milieux aquatiques et leurs évacuations, les moulins, les produits et les revenus, ce qui est cultivé et ce qui ne l'est pas : toutes ces choses dans leur intégralité. Ces choses appartiennent ou dépendent du pays de Mâcon, chacune entourée de ses propres bornes. Je donne toutes ces choses auxdits apôtres, moi Guillaume, et ma femme Ingelberge, premièrement pour l'amour de Dieu, puis pour mon âme. Pour mon Seigneur Roi Eudes, ou mon père et mère; pour moi et ma femme (pour le salut de nos âmes et corps) et tout autant pour Ava, qui m'a laissé ces choses par sa volonté; pour les âmes de nos frères et sœurs et neveux et de tous nos parents des deux sexes; pour nos fidèles qui se mettent à notre service; pour l'avancement, aussi et l'intégrité de la religion catholique. Finalement, puisque nous tous, Chrétiens, sommes unis par un devoir commun d'amour et la foi, faisons de cette donation un bien de tous, à savoir les orthodoxes des temps passés, présents ou futurs. Cependant, je donne ces choses à la condition qu'il soit érigé à Cluny un monastère régulier en l'honneur des apôtres saints Pierre et Paul, et que là se réunissent des moines vivant sous la règle de saint Benoît possédant, détenant et gouvernant à perpétuité les choses concédées, de sorte que cette maison devienne la véritable demeure de la prière, emplie sans cesse de vœux fidèles et de supplications pieuses et qu'on y recherche à jamais avec ardeur les merveilles du dialogue avec le Ciel, ainsi qu'on y adresse assidûment prières, supplications et exhortations à Dieu, autant pour moi que pour tous, selon l'ordre dont il a été fait mention ci-dessus. Et laissez les moines eux-mêmes, ensemble avec tous les biens susmentionnés, être sous le pouvoir et l'autorité de l'abbé Bernon, qui, tant qu'il vivra, les dirigera avec constance, selon ses connaissances et ses capacités. Mais après sa mort, ces mêmes moines auront le pouvoir et l'autorisation d'élire quelqu'un de leur ordre qu'il leur plaira comme abbé et recteur, suivant la volonté de Dieu et la règle promulguée par saint Benoît, dont la sagesse veut que personne, ni par notre intervention, ni par aucun autre pouvoir, ne peut être empêché de procéder à une élection purement canonique. Tous les cinq ans, lesdits moines paieront à Rome dix sous à l'église apostolique romaine pour la fourniture des leurs éclairages, et ils auront la protection desdits apôtre et du pontife romain. Ces moines peuvent de tout leur cœur et de toute leur âme bâtir le lieu susdit. Nous voulons, de surcroît, qu'en notre temps et en celui de nos successeurs, selon les opportunités et les possibilités offertes par ce lieu, qu'il y soit fait quotidiennement des actions miséricordieuses envers les pauvres, les nécessiteux, les étrangers et les pèlerins. Il nous a plu aussi d'insérer dans cet acte qu'à compter de ce jour, lesdits moines ne soient aucunement soumis ni à notre joug, ni à celui de nos parents, du pouvoir royal ou d'une quelconque puissance terrestre. Et, par Dieu, par ses saints, et par le jour redoutable du jugement, j'exhorte et j'adjure qu'aucun prince séculier, ni comte, ni évêque, ni même le pontife romain, n'envahisse les biens de ces serviteurs de Dieu, ou ne les confisque, ou n'en soustraie quelque chose, ou bien ne les échange, ne les donne en bénéfice à quiconque ou leur impose la volonté de quelques uns . Que de tels actes impurs soient encore plus proscrits quand ils sont le fait d'hommes violents et mauvais, je vous le conjure, saints apôtres, princes glorieux de ce monde, Pierre et Paul et vous, ô suprême Pontife, que, par l'autorité canonique et apostolique vous avez reçue de Dieu, vous excluiez de la communion de la Sainte Église de Dieu et de la vie éternelle les voleurs et les envahisseurs de ces biens que je vous donne d'un cœur joyeux et d'une ferme volonté, pour que vous soyez les protecteurs et les gardiens dudit lieu de Cluny et des serviteurs de Dieu qui y habitent, et de toutes ses possessions, par la clémence et la miséricorde du plus saint Rédempteur. Si quelqu'un, fût-il voisin ou étranger et quelque fût sa condition, tente d'user, par une quelconque ruse, d'actes de violence contraire au don que nous avons ordonné d'être écrit pour l'amour de Dieu tout-puissant et pour la vénération des chefs des apôtres Pierre et Paul (Ce que ne permet pas le Ciel, ce que la pitié de Dieu et la protection des Apôtres empêcheront, je pense, de se produire), qu'on le laisse d'abord encourir la colère du Dieu tout-puissant. Laissez Dieu le faire disparaître du monde des Vivants et ôter son nom du Livre de Vie, et laissez ce qu'il lui reste rejoindre ceux qui ont dit au Seigneur Dieu : Eloignez-vous de nous; Et avec Dathan et Abiron, pour qui la terre, ouvrant ses mâchoires, les engloutit en enfer toujours vivant, laissez le encourir la damnation éternelle. Et, étant fait compagnon de Judas, laissez-le être poussé en bas vers des tortures éternelles et laissez le paraître aux yeux des humains passer impunément dans ce monde, qu'il sente dans sa propre chair les tourments de sa future damnation, partageant le double malheur avec Héliodore et Antioche, l'une échappant de justesse à la mort par la pointe et l'autre qui, terrassée par la volonté divine, ses membres dispersés et putréfiés par la vermine, périt le plus misérablement. Laissez -le partager ce sacrilège avec d'autres qui recherchent à piller les trésors de la maison de Dieu et laissez-le, à moins qu'il se mette à ouvrir les yeux, être comme un ennemi, comme quelqu'un qui refuse l'entrée dans le Paradis béni, gardé par celui qui détient les clefs de l'Eglise et rejoint au dernier jour par saint Paul, dont il aurait pu obtenir la médiation. Cependant, tant qu'existeront les lois temporelles, il sera nécessaire que la justice le contraigne de payer cent livres d'or à ceux à qui il a nui. Sa tentative d'agression ayant été contrée, ne sera suivi d'aucun effet. Mais la validité de cette charte de donation, revêtue de toute l'autorité, elle, demeurera inviolée et inattaquable, tout cela ensemble, tel qu'il a été dit.

Fait publiquement dans la cité de Bourges. Moi, Guillaume, j'ai ordonné que cela soit fait, rédigé et ratifié de ma main."

( Signé par Ingelberge et un certain nombre d'évêques et de nobles) 

 

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