Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

intempestives

L'institut des Amériques

Publié le par Marie Castillo

Dimanche 20 mai 2007 l’institut des Amériques

 

Création prochaine d’un institut des Amériques consacré à la recherche sur l’Amérique latine en partenariat avec différents établissement universitaires. Le secrétaire perpétuel des sciences morales et politiques, M. Michel Albert, met en avant les points suivants :


« Quel peut être le futur rôle des départements français des Amériques entre l’Europe et les Amériques ? Les évolutions récentes révèlent des convergences entre l’Amérique Latine et l’Amérique septentrionale, ainsi qu’un poids grandissant de l’Amérique Latine dans les échanges. La recherche française s’intéresse depuis longtemps à cette diversité des Amériques mais ne dispose pas d’un lieu unique et central qui atteigne une visibilité internationale suffisante. L’objectif visé n’est pas tant l’existence d’un lieu unique mais celle d’un réseau entre les différents laboratoires existants autour d’une tête implantée à Paris. Inscrit dans le contrat de plan Etat-Région, le futur Institut des Amériques concentre le projet d’une bibliothèque-médiathèque, celui de programmes de recherche communs et d’enseignements entre universités partenaires. L’approche des questions transatlantiques en sera renouvelée. »


Intégrer l’Amérique latine dans une réflexion plus large sur la relation à l’Europe procède d’une démarche volontaire et utile à mon sens, d’autant plus si l’on met en avant la latinité. Il faut par ailleurs s’interroger sur ce que recouvrent les convergences entre l’Amérique latine et l’Amérique septentrionale. Les deux parties du continent américain se retrouveraient sur certains points plus qu’ils ne se différencieraient par d’autres. Ce qui me semble évident comme lien, c’est l’ibérisation croissante du Nord (Californie, Floride) et la perception de l’émergence de défis à relever en commun.

Quant à parler, de nos jours, d’Amérique septentrionale avec des relans Grand Siècle, cela relève de la gageure. Les francophones quebecois sont peut-être là pour témoigner du contraire. La visite de de Gaulle au Quebec dans les années 1960 tend à le prouver. Il reste que même au XVIIIème siècle, il n’y a pas eu de vrai projet politique de la France pour l’Amérique septentrionale : cette dernière ne pèse pas lourd dans les négociations menées avec l’Angleterre à l’issue de la guerre de Sept ans, Louis XVI a accepté bien facilement de s’en séparer. (Traité de Paris de 1763). Il reste à prendre en compte la place de l’Amérique dans notre imaginaire politique. La participation de la France à la guerre d’indépendance américaine est gravée dans nos mémoires. Elle nous donne une forme d’ascendance, nous nous souvenons tous de Lafayette. Et pourtant les travaux de la Convention de Philadelphie ont précédé ceux, en France, de la Constituante.

A côté de ces figures qui vont de soi, il y a celle du coureur de bois…et les ouvrages de La Hontan, Callières, et Chateaubriand qui mettent en avant selon une expression chère aux romantiques, le génie français. On parlera aujourd’hui avec plus de mesure, d’une certaine capacité (et néanmoins d’une capacité certaine) de s’adapter aux autres, à tord ou à raison, ou encore de l’efficacité et de la performance de l’ingénierie française - encore la technique  -


Pour ce qui est de ces figures au sud, seul le Pérou, synonyme de richesse illimitées au même titre que l’Eldorado a surnagé pendant des années (« c’est pas le Pérou »), mais aussi la triste aventure mexicaine de N III. Aujourd’hui, on regarde avec attention les démocraties latino-américaines que sont la Bolivie, le Vénézuela et le Brésil : seront-elles capables d’inventer de nouvelles façons de faire la politique ? L’heure du bilan n’est pas venue et il ne faut pas confondre l’histoire, la science politique et la prospective. Ce qui est sûr c’est que les solutions à nos propres interrogations doivent venir du dedans et pas du dehors.

Comment comprendre les liens existant entre l’Amérique latine et l’Amérique septentrionale ? Ce qui serait en jeu finalement, ce serait moins la latinité que la francophonie. Une telle démarche ne peut être suivie sans explorer concrètement la diversité sociale et culturelle de ce continent. Je pense au lien entre l’autochtonie, la latinité et la francophonie. A cet égard, il faudrait raviver le souvenir du coureur de bois et le sortir de l’imagerie d’Epinal dans laquelle il s’est noyé. Je ne suis pas sûre toutefois que ce modèle soit adapté pour l’Amérique latine.


Et puis il y a une difficulté générale concernant la recherche : comment concilier des approches multidisciplinaires ? Une ou deux disciplines on et auront peut-être toujours le dessus. Quel doit être le lien entre la recherche et l’action politique ? Il y a 10 ans la recherche sur l’Amérique latine était en crise….aujourd’hui, il semblerait qu’elle en sorte. A suivre donc.


Visiter le site de l’Institut des Amériques

 http://institutdesameriques.univ-paris3.fr/francais/accueil_fr.htm


Voir les commentaires

en restant immobile, on ne peut que reculer

Publié le par Marie Castillo

 

 

Lorsque De Gaulle disait que les Français étaient des moutons, à la veille de la guerre des 6 jours me semble t’il, mais je n’en suis plus si sûre, il s’agissait davantage d’un constat que d’un postulat.

 

C’est effectivement paradoxal d’affirmer d’une part la grandeur et l’indépendance de la France sur la scène internationale et de résister à l’émergence des forces sociales créatrices (nous connaissons la suite : l’explosion de mai 1968). Cette tension entre l’interne et l’externe indépassable transcende les clivages politiques traditionnels

 

Nous sommes aujourd’hui dans une période de transition où les frontières classiques du politique sont en train de se redéfinir, de même peut-être que les clivages.

 

Dans une démocratie pacifique ou largement pacifiée (sans exclure la résurgence des conflits urbains et sociaux avec le risque de montée de l’intégrisme et de l’extrême droite, sans exclure également les pays du sud encore en pleine recomposition), il s’agit de trouver l’équilibre entre deux options :

 

comment faire progresser le système, car si je reste immobile, je recule, et comment conserver ce qui mérite d’être conservé. J’avance pour ne pas reculer, je conserve les acquis pour ne pas reculer. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il faut avancer à reculons. C’est ce dilemme qui rend tout choix de plus en plus difficile, et in fine peut-être aléatoire.

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8